L’histoire, comme la géographie, ont toujours été au cœur du socle de culture partagée que la Nation entend transmettre à ses enfants.
Prétendre que l’enseignement de l’histoire est aujourd’hui devenu anecdotique relève, au mieux, d’une [...]
L’histoire, comme la géographie, ont toujours été au cœur du socle de culture partagée que la Nation entend transmettre à ses enfants.
Prétendre que l’enseignement de l’histoire est aujourd’hui devenu anecdotique relève, au mieux, d’une méconnaissance totale des principes sur lesquels est fondé notre enseignement et d’une lecture partisane de son organisation.
En effet, aujourd’hui, comme hier, chacun de nos enfants suit, à l’école, au collège, au lycée, un enseignement d’histoire organisé selon une progression très claire.
A l’école, l’élève apprend les grands faits, les grandes dates, les grands hommes qui jalonnent l’histoire de la Nation. Une école qui enseigne désormais la Marseillaise au CM1 et qui affiche la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 sur les murs de chacune de ses classes.
Au collège, on aborde successivement les périodes de l’histoire pour ancrer définitivement les repères fondamentaux. L’enseignement reste rigoureusement chronologique, centré sur la France et l’Europe, tout en s’ouvrant davantage à l’histoire du monde. Toutefois, contrairement à des rumeurs, sans fondement aucun, les grandes figures n’ont absolument pas disparu de nos programmes et nos enfants étudient bien au collège, comme à l’école, l’œuvre de Louis XIV, de Napoléon et des grands personnages de notre histoire.
Au lycée enfin, l’enseignement de l’histoire prend appui sur les fondements solides acquis au cours de la scolarité obligatoire et s’ouvre à la réflexion en privilégiant une approche problématisée de questions ou de moments historiques avec des programmes qui répondent à cette ambition.
Alors, franchement, prétendre que l’enseignement de l’histoire est devenu anecdotique au seul motif qu’il est désormais optionnel pour une seule année d’une seule série de notre lycée – la terminale S - relève de la plus parfaite mauvaise foi. C’est oublier d’abord que, en STI (sciences et techniques industrielles), l’histoire et la géographie ont fait l’objet d’une épreuve orale anticipée en classe de première depuis l’origine de la série, sans que personne n’y ait trouvé à redire. C’est aussi méconnaître et mépriser le travail patient des professeurs des écoles, des collèges et des lycées pour transmettre à leurs élèves les repères et les références qui leur permettent de connaître leurs racines et de comprendre le présent.
Prétendre que l’enseignement de l’histoire est devenu anecdotique, c’est oublier d’abord que l’horaire d’histoire a été largement accru en première scientifique, avec désormais quatre heures contre 2 heures et demi précédemment.
Prétendre que l’enseignement de l’histoire est devenu anecdotique, c’est oublier aussi qu’une option de deux heures est proposée en classe terminale et que ceux qui la choisiront feront plus d’histoire que précédemment.
Prétendre que l’enseignement de l’histoire est devenu anecdotique, c’est oublier encore que le but premier de la réforme des lycées est précisément de rééquilibrer les séries en incitant ceux qui se destinent aux études de sciences humaines à choisir les séries L et ES et non la série S. Cet effort porte d’ailleurs ses fruits puisque les premières littéraires ont vu leurs effectifs s’accroître de 6% à la rentrée 2011.
Prétendre que l’enseignement de l’histoire est devenu anecdotique, c’est oublier surtout que tous les lycéens des séries générales passent l’épreuve anticipée de français en fin de première, sans que personne ne songe à objecter que l’apprentissage de notre langue occupe une place anecdotique dans la scolarité de nos enfants.
Aujourd’hui comme hier, l’histoire fait partie du socle commun de culture partagée que la Nation s’engage à transmettre à ses enfants tout au long de leur scolarité. Point de renoncement donc. Plutôt une détermination accrue car je sais combien l’enseignement de l’histoire participe de la cohésion de la Nation. Loin de la polémique, je me place aux côtés des professeurs qui œuvrent à ce dessein comme ils ont toujours su le faire depuis l’avènement de la République.